Mercredi 9 avril 2008
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22:59
De retour pour un mauvais tour...
A vrai dire, je ne sais pas comment je suis censée classer cet article-ci, j'ai même penser à le mettre en page, mais bon,
non.
C'est que j'ai écrit deux petites choses de rien, et qui se
ressemblent assez, et que j'ai donc eu envie d'assembler (tant qu'à faire !)
Voici :
1 /
... pour échapper à l'ennui.
Fragile.
L'énergie, mon énergie, puissante et palpitante, se consummait peu à peu sur le bûcher de l'ennui. Je me sentais m'éteindre. Je réalise. Je ne pouvais rien y
faire.
Paisible.
La passion, ma passion, avait presque cessé de brûler, fuyant à flot de moi. Je me lève avec le gazouillis sympathique des oiseaux, des arcs-en-ciel
s'accrochent à ma fenêtre, je souris, je suis en paix. En harmonie.
Liquide.
Puis la journée avance et je suis inquiète. Je regarde par-dessus mon épaule. Je me sens bizarre, je suis malade. Je tourne en rond. Je ne tourne pas rond.
Je travaille, je m'occupe, je cours partout puis je m'arrête : j'ai le vertige. Qu'est-ce ? Je ne me sens plus bien, je suis angoissée. Je reprends mes activités, je sors, je ris, mais ce n'est
plus jamais pareil. Je m'amuse, je profite, mais mes pensées sont figées dans l'instant T. Les questions reviennent me tourmenter, je n'ai pas l'habitude. Vertige encore. Je me sens démunie,
c'est l'ennui. Je me retourne, c'est le vide. Je tombe. Mais il est arrivé, le diable. Il m'a montré un autre chemin que l'ennui. Que j'avais tort d'avoir peur. Alors j'ai choisi de le
parcourir. Pour voir. Je lui ai fait confiance. Pouce ne compte pas, je suis prise au piège. Je ne connais pas les mots, je ne connais pas les gestes... s'en doute-t-il ? Je m'interroge, je
l'interroge... peut-il me répondre ?
Sensation étrange, je ne la savais pas, on croit des choses, mais on ne les sait pas toujours, et là, là...
Je réalise.
Fragile.
Je ne suis pas sûre. Je tremble. Je ne veux pas, mais ça m'échappe. Voilà plus que mon âmestramgram dans la balance. J'essaie de rattraper le tout au vol,
mais ça m'échappe.
Je réalise. Et j'ai peur.
2 /
Fragile.
Je passe, perds des heures à le regarder la regarder. Il a dans les yeux la même flamme qu'il doit y avoir dans les miens.
Parfois, je détourne le regard. Pour le poser sur elle. Elle dégage tant de lumière. Je dois plisser les paupières. C'est injuste, le jeu est mal distibué,
les pièces mal placées. Elle est la dame, il est le roi, mon joker n'est qu'un bouffon égaré.
Une larme unique embue mon oeil. Je joins les mains, cesse de respirer. Je donnerais mon âmestramgram pour la voir s'effondrer. Pour qu'il me sorte de
l'obscurité.
L'énergie, mon énergie, puissante et palpitante, se consumme peu à peu sur le bûcher de l'envie. Je me sens m'éteindre. Je réalise. Je ne peux rien y
faire.
" Vraiment ? "
Juste un mot. Nulle ironie. Simple question sortie du néant. Je perds l'esprit, ou juste mon âme ? Une main tendue, une invitation. On me propose une partie,
j'aime jouer. Dans un souffle, je quitte le banc de touche.
Il s'agit de gagner.
J'ai cessé de regarder, cessé de penser. Je lance mes fils, trame une toile dans laquelle j'emprisonne la belle. Elle ne se débat même pas. Décevant. C'est
nouveau, ça me fait frissonner. Mais les gestes me viennent naturellement, les mots me semblent familiers. Nul besoin de me montrer comment la dépecer, la décortiquer, la gober toute crue. Sa
lumière roule sur ma langue, explose en mille saveurs sur mon palais.
Je glousse, satisfaite. J'avale sa splendeur, son identité. Je dévore son âme. Miam miam !
Il est là, il passe tout près. Mon coeur. Il la cherche et me trouve. Je l'attire dans mon orbite.
" Qu'as-tu fait ? "
Je souris, mais pas lui. Je sens son impuissance, je sens sa frustration, je sens sa colère, sa rage. Il tend les mains devant lui, empoigne tout ce qui est
à portée. D'un coup, un cou. Le mien. Alors je ferme les yeux et m'abandonne. Il est surpris, il voulait de la résistance ? Mais déjà, il a oublié, captivé.
Frénétique, aventurier, conquistadpr, il n'y a de répit à son exploration. Avec ses mains, ses lèvres, ses yeux, il essaie de m'envahir, il cherche et trouve
des secrets et des trésors dans mes collines, mes vallées, mes forêts. Je vois le ciel.
Et je vois l'enfer.
Il ne me sort pas de l'obscurité, il m'y enferme.
" Je ne t'en veux pas. "
Murmure. Dernier soupir. Qui de nous deux a prononcé ces mots ?
C'est lui je crois. Mais qu'est-ce qu'il pense ? Que je vais culpabiliser, pleurer, demander pardon ? Imbécile, je n'ai rien à me reprocher. Je n'ai pas peur.
Je n'ai pas peur.
Par Jess'
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Publié dans : interlude
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